lundi 16 septembre 2013

Du 30 aout au 3 septembre 2013 : Salinas sur les traces de Steinbeck, Monterey et Carmel

Vendredi 30 aout

Reveil 6 heures ce matin, un peu plus tard pour les enfants. Petit-dejeuner, vaisselle, rangement, c’est le depart. Il est a peine 7 h 20 lorsque nous sommes sur la route.

Le Bay Bridge qui traverse entre Oakland et San Francisco est ferme depuis 2 jours. Il y a de fortes probabilites de bouchons ce vendredi, veille de week-end de 3 jours, Labor day week-end. En plus, si certains enfants ont repris l’ecole lundi passe, les autres rentrent debut de semaine prochaine.

 

C’est le brouillard ce matin. On emprunte le pont Richmond pour passer rive Est de  la Baie. On ne voit meme pas le haut du Pont et rentre dans le brouillard. Impressionnant !

On redescend de l’autre cote. L’entree du pont en direction de San Francisco est a l’arret. Beaucoup de monde en direction de San Francisco.

Nous restons sur la 880 car cela semble plus fluide que sur la 580. Juste une petite difficulte entre Berkeley et Oakland mais sincerement rien de tres mechant.

Nous arrivons a Newark chez Cruise America a 8 h 29. Nous leur avions dit que nous serions la vers 8 h 30. On ne peut etre plus ponctuel.
J’explique au directeur Mr Lescarbeau, puis a son mecanicien les petites choses que je souhaiterais voir reparees sur notre camping-car. 

Les enfants prennent leurs cahiers d’ecole. C’est aussi la rentree pour eux aujourd’hui. On s’installe dans une salle d’attente.
On profite du temps dont on dispose pour faire la rentree scolaire. Bon, ben, va falloir reprendre le rythme, la. Une bonne remise en jambe s’avere necessaire.

Nous quittons Cruise America  vers 13 h 30. Cruise America a pris tous les travaux a sa charge dans le cadre de la garantie d'un an que nous avions avec eux et ne nous a rien fait payer. On n'aura pas eu de souci concernant notre achat de camping-car et la garantie qui lui etait appliquee. Ils ont ete plus que corrects.

On se gare sur le parking d’un Walmart tout proche pour dejeuner. Nous irons faire nos courses ensuite. Drole de Walmart encore. Pas un seul produit frais, pas de fruits, pas de legumes sauf aux rayons surgeles, la oui. 


Par contre ce qu'il faut cote "droguerie". Cigarettes electroniques, on croit rever. Oui, je sais cela existe aussi en France, mais quelle... Au moins peut-etre est-ce une solution pour ne pas se faire taxer sa clope et se faire insulter quand tu reponds que tu n'en as pas ?

De Newark nous reprenons la 880 vers le sud jusque la 101 que l’on retrouve et que nous allons poursuivre toujours vers le sud.

 
Nous passons la grande agglomeration de San Jose dont la ville seule rassemble pres d’un million d’habitants, plus encore que San Francisco. Nous suivons la tres celebre Silicon Valley. On suit un axe a forte densite de population.


Nous rejoignons cependant une region un peu moins urbaine. Mais quels paysages. A droite des  collines verdoyantes (bon ok au pied cela peut donner des golfs pour l'instant mais bon), a gauche des collines jaunies par les secheresses successives. Sur ces collines, juste quelques arbres clairsemes.

Toujours plus  au sud nous avons trouve un camping en bord de 101. Arrivee un peu sportive, il faut deboiter d’un coup sur la file de gauche pour traverser l’autoroute et repartir dans l’autre sens sur 800 m. Chaud ! 

Nous voici au Monterey Vacation RV Park. Nous reservons d’abord pour une nuit. Elle est facturee 42 dollars, les enfants etant factures en supplement.
On s’installe, on est au pied des collines.


Les enfants ne mettent pas longtemps a explorer les environs, chacun a sa facon, pas forcement celle preferee des mamans.

D'ou cet enfant tient-il cette habitude depuis toujours de se promener pieds nus? Meme pas mal. Mon dieu, mais il va falloir frotter !
















Au menu des enfants ce soir : crevettes sauce cocktail (toujours un hit) suivies de croque-monsieur\et en dessert... yaourt (on manque d'imagination la!)

Samedi 31 aout

Au reveil, les enfants baladent au coin du camping, en bordure de bois.  Ils ont encore vu un jeune cerf.

Nous decidons de prolonger notre sejour jusque lundi. Nous negocions cependant la suite de notre sejour. On nous fait la nuit a 33 dollars. Beaucoup mieux.

On traine aujourd’hui. Je sais que c’est un gros week-end en Amerique et nous sommes proches de Monterey et Carmel, deux destinations tres touristiques et donc forcement fortement peuplees un week-end comme celui-la, alors cela ne motive pas beaucoup pour se mettre sur la route avec notre camping car.

Nous avons recupere un nouveau four. Aussi, ce soir samedi, nous reprenons nos habitudes a savoir une pizza accompagnee de salade puis c’est le film avec quelques M&M’s. 

Pour notre seance cinema, les enfants ont choisi la suite de La guerre des Etoiles, « l’Empire contre-attaque ». C’est quand meme toujours aussi bon, meme si on sent la fatigue ( hem, c’est comme cela que l’on dit ?) dans les yeux de certains acteurs.

Dimanche 1ier septembre

Mais oui nous voici aujourd’hui le premier septembre, déjà. On ne rentre en France que dans un mois et demi mais il nous semble que c’est demain, vu tout ce que l’on a encore a organiser. 

Mais bon, ne pensons pas a tout cela tout le temps. Il faut apprecier le temps qui nous reste a passer en Californie.

Drame ce matin, Etienne a constate la mort de son scorpion qu’il avair recueilli dans l’Oregon. Il avait confectionne un superbe terrarium hier avec tout le confort qu’un scorpion peut attendre, et plus encore. Cependant, ce dernier a été semble-t-il devore par les fourmis durant la nuit. Voraces, les fourmis californiennes.

Nous rediscutons avec les voisins de Santa Maria, a cote de Santa Barbara. Ils ont mis 2 heures hier pour revenir de Monterey. Ouf, on a bien fait de rester tranquille car 2 heures pour faire 40 kms, non merci.

En discutant,  la dame nous apprend qu’en Californie, dans le cadre de nombreux jobs, on demande en aux personnes se presentant a ces emplois de parler espagnol. Interessant. Je repense a mon ingenieur de Barcelone rencontre l’autre jour a San Francisco. Il y a des debouches pour les Espagnols parlant anglais et qui ne trouvent rien chez eux. Dans certains secteurs de pointe en tous les cas, oui.

Aujourd’hui, nous prenons le camping-car, destination Salinas. Si nous avons decide de stopper proche de cette ville, c’est que pour mois Salinas est tres etroitement associe a John Steinbeck, le celebre ecrivain Americain, prix nobel de littérature et auteur des romans tels que « Raisins de la colere », « A l’Est d’Eden », « Tortilla Flat » ou « Des souris et des hommes », tous des romans que j’ai lus et adores.


Beaucoup de circulation sur la 101 encore aujourd’hui, en plein milieu de ce week-end de Labor day. Mais heureusement pour nous toutes ces gens semblent se diriger vers Monterey et sa tres belle baie. Non merci. Direction Salinas, c’est plus calme.


Salinas, ceux qui ont lu Steinbeck le savent, c’est au cœur d’une vallee fertile qui a attire des la moitie du 19ieme siecle des fermiers du Monde entier, Danemark, Allemagne, Japon, Chine…


Salinas est connue pour ses salades « Iceberg Lettuce » qui inondent le monde entier. Il est vrai qu’on peut en voir des champs entiers autour de nous. On fait pousser aussi des brocolis, des choux-fleurs, de l’ail, du celeri, des artichauts… Bref une terre benie semble-t-il pour celui qui n’a pas peur du travail penible. Steinbeck decrit tres bien la vie de ces fermiers pionniers.


Nous reglons l'entree du musee. Le tarif est de 14,95 $ par adulte mais je me verrai appliquer les tarifs anterieurs car je presente une brochure que j'ai eu a notre camping ou il est ecrit que l'entree est a 10,95 $. Sympa. Pour les enfants, c'est 7.95 $.

Steinbeck est pour moi incroyable dans ses livres lorsqu’il plante les decors, les personnages et bien sur les lieux de l’action, notamment Salinas. Cela peut sembler un peu trop descriptif pour certains, pour moi c’est la signature de l’auteur, sa rigueur de construction et franchement, c’est superbe. Une fois que vous entrez dans l’action, vous ne pouvez plus en sortir.

Les personnages des romans de Steinbeck sont vraiment hyper realistes, ils pourraient etre une connaissance a vous, de votre quartier, pas forcement parce que vous vivez a Salinas, non, mais juste que ces personnages ont une epaisseur, un caractere qui parle a beaucoup de gens, a travers le monde. Le contraire du heros de cinema. 

A l’epoque de la jeunesse de Steinbeck, il est ne en 1902, Salinas est une petite ville. 10 % de sa population est chinoise, on les place comme dans d’autres villes dans des quartiers qui leur sont reserves, les Chinatown, mais ils n’ont pas le droit de posseder une terre. Ils sont la cependant a travailler dur.

Steinbeck-enfant lit beaucoup, une de ses devises pourrait etre la suivante:


"jamais assez de livres ". J'aime.

Aujourd’hui encore, Salinas est une ville cosmopolite, avec une forte population hispanique bien entendu comme le reste de la Californie, et les descendants de ces allemands, chinois, danois, japonais… venus tenter de tirer profit de cette terre genereuse.



Ceux qui ne reussissaient pas ont pu creer d'autres businesses, on a vu des restaurants italiens...

Steinbeck a depeint dans "Les Raisins de la Colere" la migration de milliers et millers de personnes venues en Californie car elles ne pouvaient plus survivre ailleurs dans cette periode de recession economique qu’etaient les annees 30. 

Les gens de Salinas ont vu debarquer des milliers de migrants crevant litterallement la faim, ce que eux ne connaissaient pas. Cela valut a Stainbeck de grosses critiques dans la region, on a meme été jusque bruler certains de ses livres, ce qui ne l’empecha pas d’obtenir le prix Pulitzer pour ce livre incroyable. Il existe un film datant de 1941 avec Henry Fonda, tout jeune, extraordinaire parait-il, que je ne crois pas avoir jamais vu.

Il a été un courageux correspondant de guerre durant la deuxieme guerre mondiale.



Bien-sur on connait egalement le film avec James Dean, A l’Est d’Eden. 


On doit a Steinbeck quelques reflexions interessantes et pertinentes sur son pays, son histoire, (celle  ci-dessus dans laquelle il essaye de dire qu'il serait sans doute difficile de faire croire a un indien que la definition d'une societe soit-disant developpee vient de toutes ses choses inutiles et de simple consommation, tres actuel je trouve lorsque tout le monde chez nous se bat pour avoir la derniere TV, le dernier smartphone, toutes ces choses, ou plutot gadgets dont on on n'a pas forcement besoin mais pour lesquelles des personnes sont capables de se mettre dans des situations financieres precaires et d'endettement? N'est-ce pas la une definition plutot reductrice de l'homme ?) ses habitants, realisees sur les dernieres annees de sa vie qu'il a passees a voyager, tant en Europe qu'aux Etats-Unis ensuite. 


Il parcourera en effet les Etats-Unis, une boucle qui n'est pas sans nous rappeler quelque chose, au volant de ce vehicule. Apres son prix Nobel de litterature en 1962, il avait fait l'objet de nombreuses critiques. Il n'ecrira plus de fiction apres cela jusque sa mort en 1968. Il se lancera dans le tour d'un pays, le sien, qu'il dit ne plus comprendre afin de se replonger dans l'Amerique et ses habitants.









Cela nous vaudra un livre que je dois lire, nomme "travels with Charley", Charley etant son chien.

Nous aurons droit a quelques reflexions que nous pouvons confirmer aujourd'hui telle la suivante : 


" New York is not America "

Nous avons dejeune dans un restaurant tres agreable au coin de la rue. J'ai choisi un hamburger de calamar. J'ai trouve l'idee interessante. 

 

Beignet frit de calamar au lieu d'un gros steak hache entre les deux pains. Plus leger, sympa. A refaire. Etienne choisit des pancakes accompagnes de glace, chantilly maison et sirop d'erable. La presentation me rappelle un personnage celebre, mais qui?



En quittant le musee, je recupere le camping-car et nous passons devant le maison des Steinbeck dont j'ai relu l'adresse dans le musee, maison dont il parle dans A l'Est d'Eden.
On s’arrette a la sortie de Salinas faire quelques courses a Walmart. Ce Walmart dispose d’un rayon frais avec fruits et legumes. Enfin.

Detail interessant : les rayons de ce supermarche sont inscrits en anglais mais egalement en espagnol, preuve de l’importance de la communaute hispanique et surtout de son integration. 



Encore quelques impression de cette "Vallee heureuse".

Au retour, je fais un peu de bricolage. Notre pare-choc arriere a pris quelques points de rouilles. J'avais achete il y a quelques semaines de quoi gratter et refaire la peinture. Je fais la premiere couche ce soir et ferai la seconde demain. Cela rend plutot bien. Content !

Lundi 2 septembre

Journee d’ecole aujourd’hui. Ne le repetez pas aux enfants, c'est un jour ferie ici. Non en fait, ils le savent. Mais on ne peut tout de meme pas ne pas travailler tous les jours feries, les francais parce qu'on est Francais et solidaires, les Allemands parce que maman est Allemande et ceux du pays dans lequel on sejourne. On ne s'en sortirait plus.



Les voisins eux reprennent la route aujourd'hui. Les enfants de leur region ont repris l'ecole le 19 aout dernier deja.

De l'autre cote, la voisine nous dit qu'elle etait a Carmel, proche de Monterey, et qu'elle a apercu Clint Eastwood. Je lui apprends semble-t-il que le grand Clint était le precedent maire de Carmel. Comment cela vous ne le saviez pas madame? Ils ne lisent pas Gala ici ou bien ?

Bon, on a encore quelque reglages a faire cote organisation a l'ecole. Mais bon, c'est la rentree, c'est fait pour cela, non?



Entre deux cours, la professeur se detend avec un peu de tricot. Son poncho avance, mais bon, il y a tout de meme 2m 10 a tricoter.

On a prolonge a nouveau d'une nuit car j'ai bien envie d'aller voir moi aussi la baie de Monterey et Carmel.

On finit la journee avec une seance de sport, pour fatiguer un peu le corps aussi.

Mardi 3 septembre

Allez, ce labor day week-end est termine on va essayer d'aller a Monterey par la 101 puis la 156.

Monterey, Monterey, mais n'est-ce pas la ville ou se passe l’action de Zorro ? Les puristes sauront me le confirmer.

Aujourd’hui c’est une ville de bord d’ocean en Californie tres courue.

La circulation est assez fluide, aucun souci. En arrivant proche de l'ocean on a des paysages etonnants. On arrive aux limites de cette vallees agricole. 



Aussi en premier plan, on a des champs d’artichauts, puis les dunes et derriere c’est le Pacifique. 

On traverse Monterey, joli Parc de bord de mer, le Fisherman’s Wharf quartier d’amusement. On poursuit sur Cannery row. 



C’est la que l’on fabriquait les boites de conserves de Sardines. A l'epoque on pechait des tonnes et des tonnes de poissons que l'on traitait directement ici. C’est le cadre de livres de Steinbeck tels « Rue de la Sardine ». 

Les usines ont laisse la place a des cafes, restos, boutiques…



On se fait une balade en front de mer un peu plus loin. La cote, decoupee, est tres belle.



Le long de ces quartiers, les maisons en bois sont vraiment charmantes.

Nous recuperons la fameuse route 17 mile qui longe la cote. Il faut payer un droit de circulation de 9,75 dollars.
On va jusque Spanish bay, jolie plage de sable blanc. 



Cette partie de la Californie est connue pour ses magnifiques parcours de golfs. Il y en a de partout. C’est vrai que c’est beau.

On retourne sur le complexe hotelier juste en debut de baie et on se fait oui je l’avoue un bon restaurant.

 






Au menu déjà a l’apero du soja dans ses cosses encore que l’on fait cuire a la vapeur et juste on sale ensuite. Etienne en raffole en tous les cas. Je ne sais si on trouve cela chez nous mais je me vois bien faire cela avec de petites gousses de feves. Merci pour cette excellente idee.



Martina prend ensuite une Benton Box, boite avec des mini-plats d’inspiraiton japonaise et pour ma part des grosses crevettes avec des noix de saint-jacques avec une sauce sesame, plat d’inspiration hawaienne. Super bon. 



Tres chouette restaurant avec une vue magnifique.

On s’est regale, on s’est fait plaisir. En plus en dejeunant dans le restaurant on nous rembourse le prix de l’entree de la route, les 9,75 dollars.


On reprend la route. Les enfants ont de quoi galoper sur les rochers, jouer avec d'enormes algues de 15 m de long...


Sur cette meme route, on a a plusieurs reprises pu observer des Lions de mer, phoques, notamment sur ce rocher litteralement envahi de ces pinnipedes.

 

Un peu plus loin, un spectacle que les gens pressees ne verront pas : des dauphins, plusieurs baleines nageant ensemble... Magique.

A l'issue de ces 17 miles nous arrivons a Carmel.

Carmel tres jolie petites ville. 

 

On sent la belle clientele, certainement internationale, a en juger des ecriteaux. Ville pour moi associee a Clint Eastwood et les antiquaires hors de prix.



On descend vers la plage. Au niveau de la ville on descend litteralement une dune. 

 

La plage est tres jolie, tiens les chiens sont autorises sans laisse ici? 2 personnes a l’eau, faut avoir la foi car elle est gelee.



Lorsque l'on regarde a droite par contre, on dirait une pub pour l'Irlande. Toujours ces contrastes.

On discute un bon moment avec un tres sympathique couple de Francais. 




On revient en longeant les petites ruelles residentielles, tres calmes. Bordees d’arbres, on a l’impression d’etre sur la cote d’Azur.




On rentre au camping situe a une trentaine de kilometres de la a la nuit tombee, il est 20 heures. Oui, il fait nuit plus tot que chez nous ici.

Carmel est vraiment une adorable petite ville. On est heureux d’avoir patiente jusque aujourd’hui pour aller la bas, car cela devait etre la folie durant le week-end et les routes ne sont pas forcement bien larges.

Demain, nous porsuivons notre periple en direction de l'Est et l'interieur des terres pour les versants Ouest de la Sierra Nevada a la decouverte des Sequoias geants. On va avoir chaud je pense.

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