dimanche 4 août 2013

du 16 au 18 juillet : Devil's Tower, Wyoming et La fameuse bataille de Little Big Horn, Montana

Mardi 16 juillet

Nous quittons ce matin Hermosa et le Dakota du Sud. Nous roulons pour Devil’s tower aujourd’hui. Pas d’autoroute, que des chemins de traverse.

Sur la route qui mene de Hermosa a Rapid City on apercoit une derniere fois les Mont Rushmore. On les voit vraiment de loin, ceux-la.


De Rapid City nous nous perdons un peu dans tous les travaux qui ceinturent litteralement la ville. On part un peu trop vers le nord. On atterit sur une route dans les collines. Jolie mais ce n’est vraiment pas notre chemin, alors…  Apres avoir demande notre itineraire a un habitant du cru, nous faisons demi-tour vers Rapid City. Nous trouvons enfin notre route 44. Elle est elle-meme farcie de travaux.

Nous manquerons la premiere route que nous voulions suivre. C’est pas le jour. C’est la premiere fois de notre voyage que l’on ne trouve pas une route, meme autour ou dans les grosse agglomerations americaines, on avait pas encore reussi a se planter. 


On va un peu plus loin recuperer une autre tres jolie route (il y en a beaucoup dans le coin)que nous voulions suivre, au fond des gorges de la Spearfish river.



Apres avoir passe Deadwood, ville ou vecut et fut assassine le celebre Wild Bill Hicock, on grimpe jusque Lead. 


Nous dejeunerons sur le parking du visitor center, juste en face de la mine qui fut en activite jusque 1998.



Nous arrivons dans le Wyoming. On affiche bien haut l'heritage cowboy. On cultive cet esprit avec les rodeos, les ranchs..










Nous passons les contreforts des Black Hills que nous quittons. 


La terre est rouge, superbe. 
On raconte une course epique entre les Bisons et les hommes. Ces derniers s’etaient fait, en bon tricheurs qu’ils etaient et demeurent, remplacer par des oiseaux. La course fut disputee, les bisons suant a proprement parler sang et eau, creusant, definissant et colorant ainsi les contours des Black Hills.  Les bisons ont perdu. Depuis ce temps, les indiens s’etaient octroyes le droit de chasser et tuer le bison. C’est une histoire indienne, bien-sur.
Les paysages sont toujours aussi beau que le Sud Dakota que nous venons de quitter.

Nous apercevons la forme caracteristique de Devil’s tower quelques 15 kms avant d’y arriver, meme si elle redisparait regulierement. Tout n’est pas plat ici, loin s’en faut.


Derniere petite ville avant d'arriver a Devil's Tower, Hullet. Saloon, Rodeo, vieux batiments en bois, c'est le Far-West.


Devil’s tower, sa forme caracteristique qu’est-ce que c’est dans notre inconscient ? Oui bien-sur « Rencontre du troisieme Type », film de Spielberg sorti en 1978 avec Richard Dreyfus ( Les dents de la mer de Spielberg..) et la participation de Francois Truffaut. Tourne a Burbank aux Studios mais aussi entre autre ici utilisant ce fabuleux site de Devil’s Tower de l’Etat de Wyoming.

Connaissez-vous quelques reprises de ces quelques notes bien connues utilisees pour entrer en contac avec les ET ? Par exemple dans le James Bond dans Moonraker (pas le meilleur peut-etre mais quel debut et quels decors !) ou encore intros de morceaux de Muse… Cest documente ce blog c’est dingue!

Nous arrivons au pied du Monument National vers 16 h 30. Nous montrons notre passe annuel et montons directement jusque le visitor center. Nous recuperons nos program junior ranger, jetons comme toujours un coup d’œil a la librairie et recuperons des infos sur le monument. 

 

On se met immediatement au travail.

Son origine est d’un point de vue geologique interessante. En effet on apprend que cela a commence il y a 65 millions d’annees. Le niveau du sol était tres different de celui d’aujourd’hui. Il était beaucoup plus haut. Du cœur de la Terre, du magma est monte mais pas jusque sa surface, ce qui dans ce cas aurait eu pour effet de créer un volcan. Le magma s’est arrete encore sous terre.

Le reste ne s’est pas fait du jour au lendemain certes mais : le magma s’est solidifie, l’erosion a fait son travail tout autour, le vent et la riviere Belle fourche aux pieds aujourd’hui du rock ont joint leurs actions pour enlever des couches et des couches de sediments et sables et pierres mais n’ont pu agir de meme sur le pic compose de Magma durci (que l’on nomme savamment Phenolite) degageant ainsi ce fameux pic qui aujourd’hui mesure quelques 264 metres de haut et depasse de plus de 300 m le niveau de la riviere qui poursuit, semble son travail d’erosion.

Avant que le « grand » homme blanc ne vienne les deloger, les indiens vivaient ici depuis 10.000 ans. Bien sur il s’agissait d’un lieu sacre. ( beaucoup doivent se retourner dans leur « tombes » lorsqu’ils voient cette paroi escaladee par les alpinistes). 

Une histoire indienne raconte que le pic doit son origine a 7 petites indiennes qui cherchant a echapper a la menace d’un grand ours qui les poursuivaient se sont refugier sur un rocher qui ne mesurait pas plus de 1m de haut. Elles se sont mises a « prier » afin que les esprits leur viennent en aide. Le rocher s’est alors mis a grandir, grandir… 

L’ours enorme, lui, s’accrochait aux parois de la roche laissant ainsi toute une sailli de traces de griffes, ce qui explique (bien-sur) toutes ces saignees verticales incroyables. Le rocher est grimpe tellement qu’il rejoignit le ciel. Les 7 petites filles ont forme les 7 etoiles de la Pleiade qui sont juste a cote des etoiles de l’Ours. Tres jolie histoire, ou les croyances rejoignent le cosmique.

Nous partons faire le chemin tout autour du rocher, long de 2 kms. Nous pourrons ainsi admirer le roc sous tous ses angles. 

 

Extraordinaire comme des rochers ont pu se detacher du rocher principal, la forme qu’ils ont (sorte de tuyau a forme hexagonale). Nous marchons dans une foret de Panderosa, ces pins qui dominent la region et que l’on avait déjà en ecrasante majorite dans les Black Hills. La temperature est parfaite, pas trop chaude. La lumiere de fin d’apres-midi est juste splendide.

On apercoit deux couples escaladant la paroi cote nord et nord ouest. La premiere fois que quelqu’un est grimpe la haut, ce furent deux gars en 1893 qui avaient bu un voire deux coups de trop et qui sont partis ainsi. Ils ont atteint le sommet apres avoir embarque avec eux des echelles de bois qu’ils ont accrochees sur la paroi. C’est une drole d’histoire d’homme blanc, non ?

Les ascensions plus professionnelles n’ont eu lieu que bien des annees apres. Quelques 200 routes differentes vers le haut du rocher ont depuis été ouvertes. D’où de temps a autre quelques mises au point pour ne pas abuser car cela abime cette merveille classe monument national depuis 1906. Ce fut en fait le premier Monument national cree aux Etats-Unis, et ce par Theodore Rooselvet. Depuis on a consacre de nombreux autres sites extraordinaires que l’on voulait ainsi conserver.


Nous redescendons du monument vers la vallee. Nous dormirons ce soir au camping, en bas sur le domaine du monument. Pas de branchement, ni electricite ni eau. Mais encore une fois, la temperature est encore certes un peu chaude, mais il y a de l’air et ici nous sommes toujours a plus de 1.000 metres d’altitude et les temperatures le soir redescendent. 12 dollars la nuit. On se choisit un endroit d’où nous pourrons diner avec vu sur la Devil’s Tower. 

 
On n’est pas bien, la ?

Mercredi 17 juillet

Il fait jour toujours bien tot. Je prendrai la premiere photo a 6 h 40. 

 

J’ai l’eclairage de dos, c’est superbe. 


On prend notre petit dejeuner devant ce joli panorama.


Nous remontons jusque le monument. Nous avons termine les programmes junior rangers et pouvons ainsi recuperer notre badge.
La lumiere le matin est tres differente. Nous avons bien fait de venir déjà hier soir. Nous avons ainsi pu observer les deux angles.

On fait un petit coucou aux chiens de prairies presents en nombre dans la vallee en partant.

Nous passons par la Poste juste en dehors du Parc poster deux colis de livres, 16 kgs, que nous rapatrions sur la France. Bien d’autres devront suivre. Meme en camping-car, ce que l’on peut cumuler.

Nous quittons Devils’tower. L’eclairage de la vallee est vraiment splendide. Bon d’accord, nous n’avons pas rencontre d’Extras terrestre, ni n’avons entendu la musique caracteristique. Apres Roswell, encore un rendez-vous manque avec les ET.

Nous retournons sur Hullet, prenons la 112 vers le nord pour recuperer la 212 qui vers l’Ouest nous menera sur Little Big Horn, notre prochaine etape.


La portion de route 112 mesure en fait 50 kms. Magnifique route qui nous monte sur les plateaux et les grands plaines.

Nous sommes a present dans l'Etat du Montana. 


Ce n’est a proprement parler une petite route. Mais en 50 kms,  nous avons croise en tout et pour tout 5 voitures, 1 camion et une moto. Un vehicule tous les 8 km 300.  Pas a dire, on a de la place pour rouler.

On est toujours dans un pays de cowboys, on voit des chevaux, des personnes dans des ranchs en train de les chevaucher, les dresser. Et meme dans les voitures, on peut voir quelques conducteurs porter le chapeau.

Petite lecon de choses : le Montana couvre une surface de 380.000 km2, ce qui est plus grand que l’archipel du Japon par exemple. Mais la ou les Japonais sont 125 millions, les gens du Montana sont quelques 930.000 habitants, soit a peine plus que Marseille intra Muros, hors agglomeration. Il parait aussi qu’il y a dans cet Etat 3 vaches pour un habitant.


On recupere la 212, on croise un peu plus de voiture mais tres peu de maisons et pour trouver une station service il faudra faire 80 kms, soit a la « ville » de Broadus. Bien sur dans ces contrees reculees, le prix de l’essence a un peu enfle, soit 4,19 dollars le gallon.

Nous arrivons sur Little big horn vers 16 h 30. On rentre jusque le visitor center une nouvelle fois recuperer nos program junior ranger et faire connaissance avec le site que nous visiterons demain. Le champ de bataille est ici nettement moins etendu que ceux de Vicksburg (16 miles) ou encore Gettysburg (26 miles) que nous avons precedemment visites. Nous parcourerons 10 miles sur la meme route soit 5 miles aller et 5 miles retour.

On est la dans un des endroits americains mythiques que j’ai profondement encre en moi. Cela est bete mais cela provient de l’un de mes films preferes. « Little Big Man » d’Arthur Penn (Bonnie and Clyde) avec Dustin Hoffman et Faye Dunaway. 
Je n’ai pas forcement compris les premieres fois que j’ai vu le film tout le cote politiquement incorrect de ce film a message realise en pleine guerre du Vietman sur le choix d’un homme entre un cote ou l’autre, les blancs ou les indiens, le bien et le mal qui ne sont pas si clairement definis, mais bon. Le nom de Little Big Horn s'est imprime en moi a l'encre indelebile et il me fallait voir cela.
 Souvenez-vous de Dustin Hoffman grime en pepe de 121 ans racontant sa vie tant chez les blancs, il est blanc a la base, que chez les « etres humains » cheyennes. Parmi ses premieres paroles il dit : «  je suis le seul survivant de la bataille de Little Big Horn ». (il faut vraiment que je me le refasse, cela fait une eternite que je ne l’ai pas revu).
Eh bien,  grace au film de presentation du site, ici on apprend qu’il n’y a eu aucun survivant a cette bataille. Ou l’on apprend qu’en fait c’est un peu plus complique que cela.

Souvenez-vous que l’on a déjà croise le celebre General Custer dans les Black Hills dans sa mission d’explorer l’Ouest en periode de crise financiere US en 1874. Depuis, il a poursuivi son chemin. 
Ceux qui ont vu Little Big Man doivent se souvenir du personnage de Custer depeint dans le film avec ses moustaches bien peignees et tout, un rien imbu de sa personne.

Les indiens sont continuellement repousses toujours plus vers l’Ouest par les chercheurs d’or des Black Hills. Ils sont en colere car on leur restreint de plus en plus leur territoire. La vallee de Little Big Horn va etre le theatre d’un rassemblement indien de grande ampleur, 7.000 personnes, hommes, femmes et enfants, ces indiens n’ayant comme a leur habitude ancestrales fait que suivre les gibiers. Les territoires se retrecissant, plusieurs tribus vont se retrouver au meme endroit au meme moment. Sont egalement presents un nombre extraordinaire de guerriers sioux et cheyenne d’au moins 2.000 individus, ainsi que quelques 20.000 poneys. On imagine la taille d’un pareil village et le nombre de tipis (peut-etre 1.000 ) que cela represente. Le decor est plante, grandiose.

Nous reprenons la route a la recherche de notre camping pour les deux nuits a venir. Le plus proche est a 10 kms environs au sud du champ de bataille, le 7th ranch. Sortie 514, encore 5 kilometres a faire et on y est.
Nous voila dominant la vallee. C’est le desert, c’est beau, c’est desertiquement beau.

On va se faire un feu ce soir pour cuire nos aliments. Ici on ne vend pas le bois, on vous le donne, a vous de prendre ce dont vous avez besoin. Pas mal comme idee. Les douches sont enormes et on y a droit a de la musique country pour mettre de l’ambiance.

Le ciel ce soir est magnifique. C’est vraiment beau et bien-sur tres calme.

Jeudi 18 juillet

Nous nous reveillons dans la chaleur des plaines du Montana. A 7 h 30, il commence déjà a faire chaud. Heureusement, sur les plaines, on a souvent un peu d’air. Cela est agreable meme si l’on sent que l’air est sec. On a déjà sorti le labello.
Je me dirige seul vers la colline au dessus du camping. Heureusement au milieu des herbes completement dessechees et des buissons a sauge sauvage apparait un semblant de chemin, ou plutôt une trace de chemin. Je crois voir des serpents a sonnettes derriere toutes les pierres. 



Du haut de la colline on peut voir au nord les collines du champ de bataille de Little Big horn, la plus proche a moins de 2 kilometres. Quelle vue a 360 degres !

Apres nos corvees habituelles du matin, nous allons au Park National du champs de bataille de Little Big Horn pour la visite.

Nous assisterons d’abord a un programme de Ranger, dressant un rappel du contexte de l’epoque et faisant un recit du deroulement de la bataille, ce que l’on en sait, ce que l’on croit savoir…


Un recit tres interessant car pas trop « qui est le bon, qui est le mauvais ? » comme on peut parfois entendre, mais encore une fois ces monuments nationaux sont vraiment globalement super bien faits ( sauf Jamestown ?). 

On nous rappelle que dans les annees 1860, le gouvernement americain estime qu’il est « moins couteux de nourrir que de combattre les Indiens ». 
Depuis 1866 et le traite signe au Fort Laramie, Wyoming, avec des Sioux, Cheyennes et autres tribus des prairies, l’armee americaine doit defendre les territoires indiens contre les invasions et « ravages commis par le peuple des Etats-Unis ». C’est ecrit.
Notre visite dans les Black Hills de la semaine passee nous a demontre que cette paix ne dura point. L’expedition Custer decouvrit de l’or et des milliers de migrants envahirent les terres indiennes, contre lesquels les militaires ne pouvaient rien.
Le gouvernement americain a essaye de racheter les Black Hills, proposition rejetee par les indiens. On a alors laisse faire les invasions des blancs, ce qui a provoque la colere des indiens qui, quittant les reserves, ont repris les attaques regulieres contre les colons et voyageurs en lisiere des territoires indiens. 
Bref un drole de desordre s’est alors mis en place.

En decembre 1875, le commissaire du bureau Indien ordonna que les tribus indiennes regagnassent les reserves avant le 31 janvier 1876. Encore une fine analyse de la situation car dans ces pays-la, les grandes plaines et a cette epoque-la, soit en plein hiver, un village indien ne se bouge pas comme une simple roulotte. Il fait tres froid ici en hiver et en plus il semblerait que les vivres que l’on devait livrer aux reserves ne l’aient pas ete. 
Les indiens ne vont pas se mettre sur la route en plein hiver. Ils attendront comme toujours le printemps pour suivre les tourpeaux de gibiers. Ils sont affames. Bien entendu, on va les declarer « hostiles » a cause de cela.

Pour mener une campagne contre les indiens Sioux et Cheyennes, on va faire partir 3 expeditions distinctes de 3 forts differents dans 3 Etats differents, Wyoming, Montana et Dakota. Ces 3 expeditions militaires devaient se rejoindre et converger sur le gros des troupes indiennes de Sitting Bull et Crazy Horse que l’on savait dans le sud Montana. Il s’agissait de forcer les indiens a rejoindre les reserves.

Cependant l’une des expeditions fut mis hors d’etat de combattre le long de la riviere Rosebud, pas si loin de Little Big Horn deja. Non pas que les pertes etaient impressionnantes, mais la  rencontre avec les indiens avait necessite une telle consommation de munitions que cette unite n’etait plus en mesure de soutenir le feu et qu’il lui fallait attendre d’etre reapprovisionnee, ce qui en ce temps-la prenaient des semaines.
Pendant ce temps-la, les indiens se sont retrouves et rassembles sur les bords de la riviere Little Big Horn dans des proportions plutot inhabituelles et en nombre comme je l'ai deja decrit un peu plus haut.

Or, ce ne sont que quelques jours plus tard que Custer et la 7ieme de Cavalerie, envoyes en premiere ligne par une autre unite, allaient avoir un contact plus que direct avec les indiens.

 

Nous nous dirigeons jusque la colline ou eut lieu « the last stand », l’endroit ou Custer et ses hommes (dont deux de ses freres et un cousin) se sont retires, encercles par les guerriers indiens, ont lutte et on peut dire ont été massacres jusqu’au dernier. Pas de survivant, donc pas de version militaire du deroulement de cette bataille, seulement la version indienne a recouper avec les recherches archeologiques menees sur le terrain. Il  est clair que l'on a scalpe dur ce jour-la.


Les indiens n'ont pas ete oublies dans ces oeuvres de memoire au souvenir des guerriers morts ce jour-la. Les citations sont tres interessantes et revelatrices de l'etat d'esprit des indiens vis a vis des invasions de l'homme blanc.

Pour ce qui est du deroulement, on peut le suivre sur le terrain aisement. 

Il faut juste faire attention dans le coin qui est parait-il un nid a serpents.

Custer arrive sur les lieux doit tres vite decider de la marche a suivre car il sait rapidement que l’approche de ses troupes a été reperee. 

Il craint que le campement enorme des indiens ne disparaisse et qu’il ne puisse plus le rattraper. 

Il ne prend pas conscience de l’importance du campement indien et encore moins du nombre de guerriers potentiellement presents dans le camp. Il doit juste agir et vite. 

En fait, a ce moment-la, Custer a deux choix, la cour martial, car s’il attend le gros des troupes a venir, le camp indien sera parti donc pas bon pour lui et sa promotion militaire, ou bien devenir un heros. Il choisira la deuxieme solution mais aurait certainement voulu une issue moins definitive pour lui et ses hommes.

Les hommes et les chevaux ont déjà parcouru beaucoup de chemin aujourd’hui mais il faut poursuivre et ne pas perdre de temps pour « capturer les indiens ».

Nous avons parcouru en voiture les 5 miles (8 kms) de route le long du champ de bataille et on ne peut s’empecher de se demander ce qui s’est vraiment passe, pourquoi telle decision par tel officier a été prise ainsi et comme toujours, «  que se serait-il passe si… », comment Custer et ses hommes se sont retrouves si isoles des autres...


Custer semble nettement sous-evaluer l’effectif guerrier des indiens. Le 7ieme de cavalerie compte 600 soldats alors que j’ecrivais un peu plus haut que l’on estime le nombre de guerriers Cheyenne et Sioux a 2.000. Le campement indien est tout simplement enorme et les guerriers indiens sont habiles et tres motives, remontes a bloc contre l'homme blanc.

A noter aussi un element interessant : les effectifs de Custer sont le reflet de l’armee americaine de ce temps-la, presque la moitie sont des etrangers, combien parlent vraiment anglais ? Meme les messagers utilises sont italiens ou polonais.

En fait Custer va partager a plusieurs reprises ses troupes du 7ieme de cavalerie, pour essayer d’attaquer le village d’un cote (role de son adjoint Reno), pendant que lui passerait de l’autre cote, dissimule par les collines, jusque la partie du village ou sont les femmes et les enfants afin de faire ces derniers prisonniers, sachant qu’ainsi les guerriers stopperaient toute bataille, car tel est l'esprit indien. Ainsi faits prisonniers, il n’aurait plus qu’a ramener les indiens dans leurs reserves et alors la, a lui la medaille et les honneurs. Oui, la était bien l’objectif de l’operation.

Bon mais le probleme c’est que l’on est au 19ieme siecle, en juin 1876. Les moyens de communication ne sont pas encore ce qu’ils deviendront et Custer va litteralement plonger dans la gueule du loup.

Le Major Reno devant attaquer le village se voit oppose une enorme opposition, il dira qu’il avait l’impression que les guerrieres indiens sortaient de la terre et doit battre en retraite dans le plus grand desordre. 


Les soldats partent dans tous les sens, sans ordre, ceux qui se retrouvent isoles sont tues.



Les indiens apres avoir harcele les troupes de Reno et une fois certains de ne plus avoir d’opposition de ce cote-la vont litterallement fondre sur Custer et ses hommes. Ce dernier avait bien fait passer un message de demande de renfort vers son autre adjoint Benteen, mais ces derniers resterent avec Reno, loin de Custer.

Les indiens vont poursuivre les militaires a travers les collines, lancant des offensives meurtrieres, les descendant les uns après les autres, jusque la fameuse colline Custer ou le travail fut acheve de facon des plus radicales et dramatiques. 


Les hommes de Custer abattirent leur chevaux afin de se fabriquer une barriere de leur corps, viderent leur reste de cartouches dans un dernier combat sans espoir avant de voir les indiens les achever jusqu'au dernier.

Le champ de bataille de Little Big Horn est original en ce sens que des marqueurs blancs indique l’endroit exact ou les hommes sont tombes. 


Marques blanches pour les soldats, marques marrons pour les indiens. Les 260 hommes et scouts indiens places sous le commandement direct de Custer seront tous tues. A 250 contre 1.500, l’issue ne laissait pas l’ombre d’un doute. Les cheyennes et Sioux ont de leur cote perdu entre 60 et 100 guerriers. Difficile a dire precisement.

Les autres 350  de Reno et Benteen se regrouperont sur une colline en defense, dans la crainte d’une nouvelle attaque indienne, et vont "defendre" leur position deux nuits durant. Pendant la deuxieme nuit, le campement indien est demonte et disparait. Aucune autre pareille occasion ne pourra plus se presenter.

Oui, cette bataille est un symbole pour les deux camps en fait. 
Il s'agit de la derniere victoire des indiens sur les militaires americains. Nous sommes les 25 et 26 juin 1876. 
Elle fut menee contre un des militaires les plus connus, le lt colonel ( souvent on dit General) George Armstrong Custer par des chefs indiens non moins mythiques, Sitting Bull et Crazy Horse.

Moins d’un an apres, la plupart des indiens auront de toutes les facons rejoint les reserves qu’on leur assignait, Crazy Horse était tue en 1877 et Sitting Bull qui fuit au Canada le sera encore quelques annees plus tard, en 1890.
Ces-deux la auront toujours refuse de signer les traites sur les reserves indiennes. Ils se sont battus pour leur mode de vie. 

Pour comprendre, il faut recouper avec ce que l’on sait déjà des chercheurs d’or qui ont envahi de facon irreversible le territoire, les chasseurs blancs qui sont en train d’aneantir la race du bison, autour duquel toute la vie des indiens tourne. Sans bisons, pas d’indien, c’est juste une loi non ecrite mais bien reelle.

L’indien et son mode de vie sont condamnes et il est un fait que la bataille de Little Big Horn a, par le choc que la defaite et la mort de Custer ont cause sur les Americains qui fetent quelques jours apres seulement le centenaire de la declaration d’independance (4 juillet 1776), de la naissace de la nation donc, accelere le processus. 
La reaction ne s’est pas fait longtemps attendre, contre les indiens. Une sorte de loi du talion jouee par deux ennemis inegaux.

Il est impressionnant de voir le nombre d’ouvrages consacres a cette bataille et a Custer. Il est parait-il le personnage de l’Histoire americaine auquel on a consacre  le plus d’ouvrage, biographies et autres, devant meme le President Abraham Lincoln. 
Meme aujourd’hui encore, cette bataille, plus encore que d’autres parle a l’inconscient americain, elle est decortiquee autant sinon plus que celle de Gettysburg.

Le President d’alors est Ulysse Grant le celebre general de Vicksburg. Il donne tort a Custer dans ses decisions et l’affaire est classee sans suite. Reno est donc mis hors de cause dans cette deroute mais vivra avec cette histoire jusque la fin de ses jours. 


Il est enterre sur le site de la bataille dans le cimetiere militaire national.

Voici donc pour la fameuse bataille de Little Big Horn. Petit clin d’oeil a « Little Big Man ». Ce film realise en 1970 a ete fait en pleine guerre du Vietnam. Contestataire il nous parle d’un homme entre deux culture qui ne choisit son cote chaque fois que lorsque cela l’arrange ou qu’il est directement en danger…

Ce sera sans doute notre derniere visite a un champ de bataille sur le territoire americain au cours de notre voyage cette annee. Nous avons pu connaitre sur la cote Est des batailles des americains contre les anglais suite a la declaration d’independance de 1776, nous avons pu faire plus ample connaissance avec les batailles fratricides de la guerre civile (Viksburg et Gettysburg en juin-juillet 1863) et enfin des batailles contre les indiens qui ont immediatement suivi la guerre civile. La Bataille de Little Big Horn de juin 1876 constitue pour nous la fin de cette periode de bataille sur le territoire national. Plus jamais les Etats-Unis n’auront ensuite a livrer bataille sur le territoire pour le defendre ou l’etendre jusque la bataille contre le terrorisme avec les attentats du World Trade Center de 1993 et surtout 2001 qui marquent une nouvelle ere de crainte contre un ennemi beaucoup moins defini et plus.

Remis de nos emotions, nous rentrons vers notre camping pour profiter de la chaleur de la fin d'apres-midi dans les plaines du Montana

.

Demain nous nous mettons en chemin pour Yellowstone, le premier et certainement le plus celebre des Grands Parcs nationaux americains.



Le ciel est toujours splendide a l'heure du coucher, heure a laquelle il devient tres agreable de rester dehors et profiter de ce panorama enorme.

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